Manneken-Pis

Le plus fidèle habitant et le plus ancien bourgeois de Bruxelles

Le Manneken-Pis est, comme on sait, le plus fidèle habitant et le plus ancien bourgeois de Bruxelles.
Pour le Manneken-Pis, la patrie c’est le coin de la rue de l’Etuve et de la rue du Chêne, à Bruxelles.

Il a été Bourguignon sous les ducs de Bourgogne; Allemand sous Maximilien; Espagnol sous Charles-Quint; gueux sous les troubles; Autrichien sous Marie-Thérèse ; républicain en 1794 ; Français sous Napoléon ; quasi-Hollandais sous Guillaume ; Belge sous Léopold ; et jamais on ne l’a vu plus satisfait qu’aujourd’hui.

Tout le monde sait que Manneken-Pis est la gracieuse représentation en bronze d’un petit homme (Manneken), d’un enfant haut de coudée, d’un amour fixé dans nos murs, car il n’a pas d’ailes, occupé à pisser, et produisant ainsi un filet d’eau limpide.

Il est élevé sur un piédestal, en-châssé dans une coquille de bon goût, garanti par une grille en fer, et pisse depuis des temps très reculés; il est habituellement nu; les étrangers verront bientôt qu’on l’habille en noble Seigneur et en Garde-civiqueaux jours de grandes fêtes.

L’esprit frondeur bruxellois

Cette statuette de bronze, exécutée au 17e siècle par J. Duquesnoy l’ainé, incarne l’esprit frondeur bruxellois.

Egalement connue sous le nom de « Petit Julien », par confusion avec une autre fontaine, het Juliaensborreke, elle était l’une des nombreuses fontaines alimentant la ville. Du rang de fontaine publique, elle se pose aujourd’hui en figure de légende.

Pourvue de nombreux costumes et décorations, sa garde-robe compte quelque 800 pièces, récemment remises en forme dans une scénographie séduisante (Musée de la Ville de Bruxelles).

Le plus ancien (connu) fut offert par l’Electeur de Bavière en 1698. Manneken-Pis eut à se plaindre, hélas, de nombreux actes de vandalisme. Il fut enlevé pour la première fois par les Anglais en 1745.

Deux ans plus tard, ce sont les Français qui s’en emparèrent. Louis XV, informé, lui offrit en réparation de cet outrage un riche habit de brocart d’or et le décora de la Croix de Saint-Louis.

En 1817, la statuette volée, cette fois, par un forçat français gracié, fut retrouvée brisée. Les fragments servirent à fabriquer la statuette qui décore aujourd’hui l’antique fontaine.

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